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Yoga pour enfants et adultes

Yoga pour enfants et adultes

École de yoga. Bols chantants. Méditation. Tantra. Contact: yogajp@laposte.net

Les 5 piliers du temple Yoga

yogidra — Tantra - Bouddhisme - Tao

 

Les 5 piliers du temple Yoga

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1. Asanas. Les postures. De l'usage du bol.

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Les postures du Yoga ont chacune des effets intéressants sur tel ou tel organe ou sur tout le système nerveux végétatif (qui commande le fonctionnement de nos organes). Pour chaque posture, il existe une contre-posture, de telle sorte que leur usage au cours d'une même séance sollicite tel ou tel ensemble organique dans deux sens opposés ; le résultat final étant une équilibration. L'effet global du Yoga est un renforcement de l'homéostasie physiologique et psychologique.
Les asanas permettent par ailleurs de laisser le prâna ( énergie) circuler librement.

Pour rester centré sur la mesure du matra et du gathika, j'utilise entre chaque asana le son d'un bol tibétain.
Répété 5 fois, il invite à ralentir le rythme et à se recentrer.
En padmasana, le bol permet de pratiquer moolhabandha et ashvinimudra sans y joindre de respiration.
Enfin certaines asanas débutent par 5 sons d'un bol placé sur le pubis ou l'abdomen. Apaisement garanti!




2. Prânâyâma. Le souffle

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Prana est comme une brume lumineuse et aromatique, qui monte de sa réserve, dans moolhadhara, jusqu'au sommet de Sushumna et même au-delà, en se diffusant dans les chakras, dans les nadis, au coeur même des granthis et dans chaque organe physiologique du corps grossier.

Le pranayama est la clé du Yoga, il donne la possibilité d'accéder au plan de l'énergie hors du temps et de l'espace. Le pranayama permet de révéler les secrets des postures par la perception subtile des centres d'énergies mis en lumière pendant la pratique par le fait qu’il véhicule l'esprit et la conscience.
Le pranayama est donc la maîtrise de la respiration et la porte d'accès au souffle, à l'énergie de la vie (Prana). Le souffle et la respiration ne sont pas de même nature. La respiration est la manifestation physique, "grossière", du souffle.
Pour maîtriser les différents souffles dans son corps (Prâna, Apâna, Samâna, Udâna, Vyâna, Nâga, Kûrma, Krikâla, Devadatta, et Dhananjaya) le pratiquant va commencer par maîtriser sa respiration, puis il devra découvrir les canaux/nadis (Idâ, Pingalâ, Sushumnâ ...) dans lesquels circulent ses souffles, ainsi aura t il une vision précise de son corps énergétique.

Le Prana se diffuse pendant la suspension du souffle ou son arrêt, de ce fait la majeure partie des techniques de Pranayama proposent de travailler sur des arrêts du souffle (kumbaka) à vide (recentrage des énergies) ou a plein (expansion des énergies).
Pranayama tend à diminuer progressivement la quantité d'air nécessaire à la respiration pneumatique, pour libérer le souffle subtil.


3.Pratyahara. La concentration

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Dans le chapitre II sūtra 54 des Yogasūtra intitulé Sādhana pāda, Patañjali défini Pratyāhāra comme « Le contact avec leurs propres objets étant futile, les sens (demeurant à leur propre place respective) comme imitant la nature du citta, cela est pratyāhāra ».
L'on peut améliorer son recentrage, sa concentration et diminuer le rythme effréné des pensées (kalas) par la concentration sur un objet ( Tratak, Yantra, Mantra, Son de bol...). Ceci est Dharana.
Au stade supérieur, on passe à l'observation sans objet, la contemplation de Dhyana.
Enfin, avec beaucoup d'entraînement, on peut accéder à la fusion avec l'Un, le lien équanime, Samadhi.


4. Nidra. L'observation des rêves

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Yoga-nidra signifie “sommeil yoguique”. C’est une branche du Yoga particulièrement riche et originale, constituée essentiellement par l’apprentissage d’un état original de conscience ou quatrième état de conscience ( état de Turya qui succède à la veille – Jagrât, au rêve- Svapna de Vishnu- et au sommeil profond- état de conscience pure de Shiva). On peut considérer Nidra comme une variante de l’état de transe des chamans. Cette technique très ancienne est décrite dans les traités des Tantras et a été transmise par les Yogis depuis des temps immémoriaux. La plus grande partie du Hatha-Yoga est en effet tantrique  dans le bon sens du terme.
En vérité, il s'agit d accéder à une attitude d'observateur de notre sommeil et de nos rêves afin d'en apprécier les contenus (samskaras/samsara/karma) qui fondent notre personnalité.
Pour 'rêver éveillé' on s'entraîne à poser des balises dans le sommeil ( visualisation de flammes, souffles spéciaux avec l'une ou l'autre narine...) qu'il s'agira de repérer dans le sommeil.
L'on peut également thématiser les futurs rêves en leur donnant rendez-vous ( animal-totem, rêver du mort...).

5. Savasana sophronique. La détente

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L’état sophronique est un état particulier induit par la pratique de la relaxation dynamique, c’est-à-dire par un abaissement volontaire de l’acuité du niveau de conscience, plaçant le sujet dans une situation proche du sommeil. Cette mise en condition particulière provoque un relâchement des tensions corporelles, se produit une descente quantitative de l’activité. A l’approche de la frontière de l’endormissement, alors que l’activité mentale est presque neutre, se produit un phénomène de détente, de décontraction de la quasi totalité des muscles du corps. Dans la phase suivante, se produit une déconnexion du mental par rapport aux organes des sen s (ouïe, odorat, vision et toucher), c’est le sommeil. Si l’on arrête le processus juste avant la phase de sommeil, on arrive à l’état de relaxation sophronique. Dans la pratique de la sophrologie, on induit cet état particulier,en le contrôlant, en évitant que l’état de vigilance ne disparaisse et que le sujet plonge dans le sommeil, La pratique sophrologique est basée sur l’interaction qu’il y a entre le mental et le physique, à savoir qu’une détente physique provoque une détente du mental et inversement.

On peut alors 'descendre' vers les koshas plus subtils.
D'abord Pranamayakosha, le corps d'énergie, que l'on va faire vibrer par des souffles très lents et subtils;
puis de la même façon se déchire les voiles de Mannamayakosha, le corps mental où résidents les 'noeuds' (granthis) primordiaux, et les tendances individuelles ou archétypales.
On vide alors les granthis comme des bassins d'eaux putrides et, les rideaux écartés, on y laisse couler le vécu de chaque Chakra.yoga lotus photo sculpture photosculpture-p1536126166721145

Mes Sutras préférés.... de Patanjali (1/2)

yogidra — Tantra - Bouddhisme - Tao

 

patanjali2.jpgA la source de tous les yogas, les enseignements de Patanjali!


In samadhi pada.

Sutra I.35 ' La stabilité du mental peut aussi venir de son activité avec le monde sensible'.
Comme un diamant reflète la lumière qui l'entoure, la beauté et le silence de la nature ne produisent pas sur la conscience le même effet que les nuisances de la vie mondaine.


Sutra I.38. ' On peut stabiliser le mental en restant vigilant au coeur même du sommeil et des rêves'
Yoga nidra permet d'accéder au 4ème état de conscience, Turya.

… In sadhana pada.

Sutra. II.2 'Ce yoga de l'action a pour but d'atténuer les causes de souffrance et de permettre le samadhi.'
La souffrance, c'est l'intrusion dans le présent du passé ou de l'avenir, chargés de souvenirs et de projections qui altèrent la perception de la réalité.

Sutra II.5 ' L'ignorance de la réalité, c'est prendre l'impermanent, l'impur, le malheur, ce qui n'est pas le Soi, pour le permanent, le pur, le bonheur, le Soi'.
A la lumière de la lanterne, le paysan apeuré par le serpent s'aperçut que celui-ci n'était qu'une corde.

Sutra II.12 ' Au cours de naissances successives, on expérimente la loi du Karma qui trouve ses racines dans nos afflictions.'
C'est la loi de la causalité.

Sutra II.21 ' La raison d'être de ce qui est vu est seulement d'être vu'.
Le monde manifesté n'existe que pour permettre la discrimination entre Purusha et Prakriti.

Sutra II.29 ' Les 8 membres du yoga sont yama ( contrôle et règles), niyama (répression et limitations),asana ( postures), pranayama ( allongement du souffle dans le matra et le gathika), prathyahara ( retrait des sens),dharana ( concentration), dhyana ( méditation contemplative), samadhi ( Unification).

Sutra II.33 ' Quand les pensées perturbent ces attitudes, il faut laisser se manifester le contraire'
Une pensée qui perturbe est forcément inadéquate. En méditant sur le contraire, on rétablit l'équilibre.
Pascal disait: ' l'erreur, c'est l'oubli de la vérité contraire'.

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Wu Wei, du Tao au Yoga.

yogidra — Tantra - Bouddhisme - Tao

 

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«  Avant de vouloir Bien faire, il faudrait cesser de Faire, pour éviter de Mal faire »
( prof. Alexander) 


De tous les concepts de l’enseignement traditionnel, celui qui apparaît le mieux traduire l’attitude juste que l’on doit adopter, entre l’effort et le non-effort, est le wu-wei.

Ce concept recouvre à la fois l’attitude permettant d’accéder au secret et, d’une certaine façon, le secret lui-même. On traduit souvent wu-weipar " non-agir ", " non-effort " : de wu, "ne... pas", et wei"acte, effort, faire, accomplir". Mais cette traduction porte à confusion, car elle suggère, en effet, l’idée de passivité et d’inactivité. Or, le taoïsme invite au contraire à s’engager sur la Voie. Il invite à l’action mais à l’action parfaite, c’est-à-dire menée en accord avec le dynamisme de la nature – du Tao.

La nature, c’est aussi, selon les écoles, l’Intelligence universelle, la Conscience cosmique, le Pati ou Brahma des Shivaïtes.

 


Le wu-weiest le principe d’action du sage qui agit en harmonie avec le Tao, à l’extérieur comme à l’intérieur. Selon John Blofeld, il s’agit de " [...] ne pas aller au-delà de l’action spontanée qui est adaptée aux besoins tels qu’ils se présentent, de ne pas s’engager dans des actions savamment calculées et de ne pas agir avec l’intention de dépasser le strict minimum nécessaire pour obtenir les résultats voulus. "


En d’autres termes, il faut agir à bon escient et sans tension, trouver l’attitude juste devant les événements, les circonstances, les conditions, afin de maintenir l’état d’ataraxie, la tranquillité d’âme, l’équanimité.

C’est dans l’équilibre entre le savoir-faire et dans le savoir-être que se trouve le secret.

 

 

Le wu-wei se rattache au concept de la vision juste et de tout ce qui en découle en pratique, particulièrement l’attitude juste qui fait que, si nous écoutons la voix intérieure, nous agissons spontanément, correctement, efficacement, naturellement " [...] sans même penser à ce que nous allons faire ", ajoute Blofeld," tout comme les branches se tournent vers le soleil ". 


 
"Toutes choses surgissent
sans qu’il en soit l’auteur."

Lao-Tsé, Tao-tö-king


Le wu-wei suppose, par ailleurs, que l’on n’entretienne pas l’illusion d’agir par soi-même, mais plutôt que l’on développe le sentiment d’être un canal par lequel agit le Tao. Un canal conscient. C’est aussi le sens que suggère le Yi King – livre de divination et de sagesse, hérité de la tradition chinoise – dans lequel on tr ouve que :

" [...] l’homme parvient à l’éternité en ce qu’il ne veut pas tout faire de lui-même en se glorifiant de ses propres forces, mais s’ouvre paisiblement et à chaque instant aux impulsions émanant des profondeurs des forces créatrices. "

Parvenir à l’éternité, c’est vivre avec la conscience de l’éternité. Dans la tradition taoïste, l’éternité est considérée comme un état d’esprit. (Il en va de même du nirvâna dans la tradition bouddhiste.) L’éternité ne peut pas se trouver dans l’avenir pas plus qu’elle ne se trouve dans le passé. Le temps comme nous l’entendons, comme nous le percevons, n’existe qu’au plan matériel. L’éternitépourtant s’y trouve aussi mais voilée par le temps. Elle est dans l’instant présent, ici et maintenant. Dans l’état d’esprit de celui qui vit l’instant présent, ici et maintenant.

Le wu-wei consiste donc à être – pour revenir au Yi King – " intérieurement disponible ", "abandonné à la volonté céleste". Dans la tradition taoïste, la "volonté céleste" se trouve dans la direction de la nature, du cosmos, du Tao. Elle procède de la dynamique supérieure. Comme la nature, la " volonté céleste " est partout, elle est l’Intelligence universelle: en devenir à l’extérieur et immobile à l’intérieur de chacun. À l’extérieur, elle se manifeste par les événements, les circonstances, les conditions de la vie – auxquels il faut s’adapter.


Car il faut être comme l’eau, qui épouse les méandres de la rivière, qui subit toutes les transformations – non pas de sa nature profonde qui est d’être eau, mais celles que lui imposent les méandres que sont les événements, les circonstances, les conditions – avant de se fondre dans l’océan d’où elle est issue. Et à l’intérieur, la volonté céleste se manifeste par l’intuition, mais encore faut-il ici être réceptif à son message. 

La roue tourne mais le centre est immobile. Tourner consciemment avec la roue qui tourne. Avec le Tao qui devient. Et demeurer immobile avec le Centre. Avec le Tao qui Est.

Détente.

Cette attitude nonchalante est souvent, hélas, réduite à peau de chagrin dans les cours de yoga, et même parfois, dans les pratiques personnelles.

Il est certes préconisé de terminer une séance par une pause contemplative en Savasana, avec rotation de la conscience et suggestions de pesanteur, mais il reste là encore un peu de ce Faire qui nourrit Maya, l'Illusion.

Consacrez donc de temps à autres, souvent si vous le pouvez, une séance entière à la détente psychocorporelle:

* L'observation des 3 koshas ( corps) donne le recul nécessaire à jauger des gunas ( qualités) énergétiques, de l'homéostasie générale.


* Le deep-breathing apaise le mental et amène à un souffle plus intuitif et subtil.

* L'autossuggestion permet de travailler sur les 3 niveaux de langage ( grossi er et articulé dans Vishudda, subtil dans Ajna et en écho dans Sahasrara).

 
* La visualisation donne accès à la symbolique archétypale et personnelle. Elle renseigne sur les samskaras

( résidus d'expériences) et permet l'accès aux couches plus profondes de Soi ( chakras et nadis, granthis...).
 

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En bref, une séance de détente n'est pas du temps perdu, elle donne la distanciation nécessaire à l'observation de notre pratique, ouvre les portes de l'intuition et de la nonchalance, accorde le temps et l'humilité de rester un apprenti.
En ce sens, elle a toute sa place dans la pratique du yoga, pour le Padawan comme pour le Guru!


 

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