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Yoga pour enfants et adultes

Yoga pour enfants et adultes

École de yoga. Bols chantants. Méditation. Tantra. Contact: yogajp@laposte.net

Méditation et TDA/H (première partie): une étude fondamentale pour les parents et les enseignants.

jp —
Namaste!


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Parmi les pathologies et maux contemporains ( insomnie, mal de dos, dépression, etc...la liste est longue!), un trouble est susceptible d'atteindre l'enfant dès le plus jeune âge: c'est le Trouble Déficitaire de l'Attention avec (ou sans) Hypercativité, abrégé en TDA/H.
Associé à de multiples symptômes socio-cognitifs tels que difficultés scolaires, manque de concentration, dyslexies et dyspahsies, humeur changeante, émotivité..., le TDA/H peut être en partie traité par la méditation.

C'est pourquoi je vous propose une étude extrêmement intéressante, menée par deux scientifiques Indiens en 2012.
J'ai reproduit ici la majeure partie de leur synthèse, abrégeant les parties les plus techniques.

L'ensemble étant dense, la deuxième partie de l'étude vous sera livrée bientôt ici-même.


Etude des Drs. Aijal et Gupta, du Centre des Sciences cognitives et

comportementales (Centre for Behavioural and Cognitive Sciences), Université de Allahabad, Inde.

 

" Chez les êtres humains et les primates adultes, les représentations sensorielles,

motrices et subcorticales sont continuellement modifiées par la formation et l’expérience.
Des scientifiques ont montré que les changements plastiques dans le cerveau liés à une formation avaient lieu à différentes étapes de la croissance et du développement.
Les fonctions cognitives telles que l’attention sont labiles, et par là, peuvent être modifiées par la formation et la stimulation environnementale.
Des processus de développement induits de l’extérieur conduisent à des

performances techniques chez les êtres humains, telles qu’apprendre à lire ou à conduire une

voiture.

Ceci a été accepté par des modèles de processus cognitifs qui mettent l’accent sur le
rôle des influences environnementales pendant le développement des fonctions cognitives.
Ainsi, certain comportement technique peut entraîner les réseaux cognitifs dans le cerveau à
produire la neuroplasticité. Il a été découvert que la neuroplasticité induite par la formation
affectait le comportement non seulement au niveau cortical, mais également au niveau des
molécules et des gènes.

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La méditation est une technique de formation qui a montré un large spectre d’améliorations
dans les processus cognitifs et les capacités d’autorégulation.
Récemment, les effets du traitement basé sur la méditation ont suscité l’intérêt dans la communauté scientifique.
Les effets bénéfiques des techniques de traitement basé sur la méditation ont été prouvés, non
seulement dans l’amélioration de certaines capacités cognitives, mais aussi dans le traitement
de beaucoup de conditions, y compris les troubles de l’anxiété, la dépression, la fibromyalgie, la
douleur chronique, l’abus de drogue, la boulimie et les maladies de peau.

Cet article porte principalement sur les contributions de l’étude scientifique de la méditation et de ses
implications dans la neuropsychologie. Tout d’abord, nous allons décrire la technique de
méditation et les mécanismes cognitifs sous-jacents qui sont améliorés suite à un traitement
prolongé basé sur la méditation. Nous nous concentrerons ensuite sur les effets du traitement
basé sur la méditation sur différents processus cognitifs, tels que l’attention, le contrôle exécutif,
la régulation des émotions, ainsi que l’activité cérébrale et d’autres changements
neurochimiques. Ensuite, nous parlerons du fonctionnement cognitif et neurobiologique anormal
dans le TDAH, et verrons comment le traitement basé sur la méditation pourrait améliorer les
problèmes sous-jacents chez les individus souffrant de TDAH.

Les effets du traitement basé sur la méditation
La plupart des méditations commencent avec la focalisation initiale de l’attention. Elles sont
globalement regroupées dans deux catégories:
 Les méditations concentratives (attention sélective) et les méditations attentives (attention partagée).

La méditation concentrative implique la focalisation de son attention sur un objet ou un événement particulier, tel que sa propre respiration ou une tâche sur le mur, alors que tous les autres stimuli secondaires s’estompent.

La méditation attentive, par contre, implique d’entrer dans un état d’ouverture et de réceptivité à toutes sortes de stimulations, telles que les pensées, les émotions, les sensations et les images.

Les deux types de méditation peuvent être liés à différents systèmes
d’attention. La méditation concentrative a été liée au système de l’orientation et de la gestion
des conflits, proposé par Posner et Petersen comme le système d’attention dorsale, qui est
décrit comme un système d’attention volontaire activé par la présentation de signaux indiquant
des éléments de perception de stimuli et de réponse à ces stimuli vers lesquels les participants
devraient diriger leur attention.

Par contre, la méditation attentive peut être liée au système
d’éveil, ou au système d’attention centrale, qui est décrit comme un système d’éveil activé au
cours des changements brusques dans les stimuli sensoriels et la détection de saillances
cibles, particulièrement lorsqu’ils sont inattendus, lorsqu’ils sont en dehors du centre d’attention,
et lorsqu’ils ont une faible probabilité de se passer.

Les deux formes de méditation ont aussi en commun certaines composantes clé, telles que la relaxation du corps, l’humeur positive, la technique de respiration et l’imagerie mentale.
Des modifications critiques de l’activité cérébrale ont lieu au cours de la pratique de la
méditation, et apparaissent comme des changements distincts d’état et de
caractère.
Les changements de caractère font référence à des changements de l’activité cérébrale ou du
comportement – dus à une longue pratique de la méditation- qui peuvent être observés même
lorsque la personne n’est pas en train de méditer.
Les changements d’état font référence à des changements immédiats, passagers, pendant ou immédiatement après une session de méditation.

Srinivasan et Baijal ont montré que les capacités des personnes pratiquant la

 méditation de percevoir automatiquement les changements auditifs dans l’environnement sont

améliorées immédiatement après la méditation (augmentation de la négativité de discordance
(mismatch negativity) ou des amplitudes MMN) comparé à lorsqu’elles pratiquaient simplement
leurs exercices de respiration quotidiens et de contrôle de relaxation. (...)
Il a été découvert que la méditation est associée à un flux sanguin local ou un métabolisme du glucose plus important dans le cortex préfrontal et cingulaire, dont on a montré l’implication dans les fonctions cognitives de l’attention
et des émotions.
Les techniques de traitement mental comprennent plusieurs composantes clés de relaxation et
d’imagerie mentale qui montrent une grande série d’effets positifs dans l’attention, les émotions,
les comportements sociaux et les conditions cliniques.

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Une étude sur l’aveuglement induit par le mouvement et la rivalité binoculaire a montré que le traitement basé sur la méditation a eu pour résultat quelques modifications qui permettaient le maintien d’une perception pendant un très
long moment, ce qui est un indice de meilleures capacités d’attention soutenue.
La pratique étendue de cette technique de déploiement attentionnel stylisé montre des améliorations du
caractère dans la répartition des ressources attentionnelles comme démontré par moins de
battements de paupières attentionnels après le traitement par la méditation. (...)

De plus, le traitement basé sur la méditation a aussi entraîné une amélioration significative dans le réseau attentionnel, montrant moins de tendance à la distraction. Un autre élément important du réseau attentionnel est celui de l’inhibition des
réponses et la gestion des conflits.

Un traitement attentionnel préalable par la pratique de la méditation modifie le fonctionnement du réseau attentionnel dorsal pour améliorer les
processus de sélection du niveau de réponse volontaire ainsi que du niveau d’énergie fourni.
Les participants ayant acquis une certaine expérience dans la méditation ont montré une
meilleure performance dans la tâche du réseau attentionnel. Le groupe expérimenté était
capable de détecter les cibles plus facilement et plus efficacement même lorsque les signaux
sur où et quand les cibles apparaîtraient n’étaient pas disponibles, ce qui est un indice d’éveil et
de bonne volonté attentionnelle plus élevé.

Certains de ces effets bénéfiques observés sur les tâches attentionnelles avec le traitement basé sur la méditation sont comparables aux effets
positifs de la musique de Mozart. reclining-buddha-monastery-1401.jpg

 

La pratique de la méditation entraîne une augmentation très

importante des niveaux de mélatonine dans le plasma, ce qui pourrait entraîner une

amélioration de la santé.
Les effets des différentes formes de méditation sur les niveaux de
mélatonine doivent encore être évalués. Par conséquent, ils ne peuvent pas encore être utilisés
en cas de TDAH et d’autres troubles, particulièrement les disfonctionnements liés au sommeil.
Les personnes pratiquant la méditation sont aussi plus à même de gérer leur état émotionnel,
ce qui a été associé à une plus faible réactivité émotionnelle (une activité pré-frontale dorso-
latérale accrue).

Il a été découvert que les personnes pratiquant la méditation montrent une
meilleure autorégulation des émotions, comme répertorié par profil d’état d’humeur, mettant en
valeur l’humeur positive, et réduisant les sentiments négatifs. Le groupe expérimental après le
traitement basé sur la méditation attentive a réagit au stress mental après le traitement par une
augmentation nettement inférieure du niveau de cortisole par rapport à celle du groupe de
contrôle après un traitement par la relaxation. La méditation active les structures neurales
impliquées dans l’attention, telles que le cortex parietal et frontal.
Beaucoup d’améliorations observées après un traitement basé sur la méditation ont des
implications dans le traitement des détériorations cognitives dans le TDAH, dont certaines vont
être discutées dans la section suivante.

(...) à suivre...

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