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Yoga pour enfants et adultes

Yoga pour enfants et adultes

École de yoga. Bols chantants. Méditation. Tantra. Contact: yogajp@laposte.net

Décoder la roue du Samsâra

jp —

Namaste!

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Bien que caractéristique du Bouddhisme Tantrique, la représentation de la roue infernale des renaissances, ou Samsâra, permet de bien comprendre les valeurs recherchées dans le yoga.
Ni bien, ni mal, au-delà même de la dualité, l'allégorie montre que du désir nait l'émotion, de l'émotion naît la pensée, la pensée engendre l'acte, l'acte inadéquat crée le karma, le karma nous enchaîne à la souffrance.

Je vous invite donc, patiemment, à observer et décoder, tant avec l'intellect qu'avec l'intuition, le message symbolique caché dans cette roue de la vie, de souffrance et d'espoir.

Immergez-vous en elle, voyez où se terrent les conditionnements qui entravent votre bonheur!


LA ROUE DU SAMSARA

Au centre du cercle, on voit trois créatures qui illustrent les trois poisons :

- Un coq représentant le désir et l'avidité.
- Un serpent représentant la colère et les attachements.
- Un porc représentant l'ignorance et la bétise.

Ils sont entourés par un cercle dont la moitié est remplie de gens à l'air heureux mais plutôt attachés aux choses terrestres, qui montent ; et l'autre moitié de malheureux êtres nus qui tombent. Cette imagerie représente le bardo (l'état intermédiaire), à savoir la période qui sépare la mort d'une nouvelle renaissance. Il y a deux voies, d'un côté la voie "blanche" des actes méritoires. Celle des élus qui montent, conduits par le lama. De l'autre côté la voie "noire" des actes déméritoires. Celle des damnés qui descendent, enchaînés par le démon.

Puis viennent six divisions du cercle montrant séparément les six états d'existence (dieux, asuras, hommes, animaux, esprits fantômes torturés par l'insatisfaction, et êtres des enfers) :

1 - Le monde des dieux : Les dieux jouissent de plaisir des sens bien supérieurs aux nôtres et d'une vie beaucoup plus longue ; ils restent néanmoins mortels et peuvent très bien retomber dans des mondes de souffrance.

2 - Le monde des demi-dieux : également supérieurs aux hommes par leur plaisir, leur durée de vie et leur force, les demi-dieux sont cependant des êtres de nature très belliqueuse, s'engageant continuellement dans des guerres et des conflits douloureux.

3 - Le monde des humains : caractérisé par un mélange de joies et de peines que nous connaissons bien, avec leurs qualités et leurs défauts.

4 - Le monde des animaux : qui souffrent de la faim, du froid, de la peur, de l'exploitation, etc...

5 - Le monde des esprits avides : sans cesse tourmentés par la faim et la soif et ne trouvant que très rarement et très peu de nourriture.

6 - Le monde des enfers : où les êtres qui s'y trouvent plongés en raison de leur karma négatif subissent pendant d'immenses périodes d'intolérables souffrances, habitant des enfers glaciaux ou brûlants.


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La bordure est divisée en douze sections illustrant chacune un des douze anneaux de la chaîne de causalité qui de vie en vie prend les êtres au piège. Il sont généralement présentés ainsi :

1 - Un aveugle : (l’ignorance primordiale).
2 - Un potier : (le façonnement) l’ignorance engendre le karma.
3 - Un singe jouant avec une pêche : (goûter le bien et le mal) le karma engendre la conscience.
4 - Deux hommes dans un bateau : (la personnalité) la conscience engendre le mental (le nom et la forme).
5 - Six maisons vides : (les six sens, qui incluent l’esprit) le mental engendre la perception sensorielle.
6 - Un couple enlacé : (le contact) les sens engendrent le désir de contact avec leurs objets.
7 - Un homme aveuglé par des flèches dans les deux yeux : (les sensations, le plaisir et la douleur) le contact engendre la sensation aveugle.
8 - Un homme en train de boire : (la soif) la sensation engendre le désir d'avoir toujours plus.
9 - Un singe attrapant un fruit : (l’appropriation) la soif engendre l’attachement.
10 - Une femme enceinte : (le devenir) l’attachement engendre la continuité de l’existence.
11 - Un accouchement : (la naissance) le processus du devenir engendre la renaissance.
12 - Un cadavre : (la détérioration) la renaissance engendre une nouvelle mort et des rondes successives de naissance et de mort, et ainsi de suite à tout jamais.

Le cercle entier est tenu par les griffes d'un démon gigantesque et hideux qui ressemble à Yama, le Seigneur de la Mort, et porte un diadème de cinq têtes de morts. Tenant tout l'univers dans ses griffes. Si l'on ne fait que s'élever d'un état à un autre, fût-ce jusqu'à la félicité céleste des dieux (devas), ceci ne desserre nullement l'étreinte de l'illusion ; tôt ou tard les dieux retomberont dans des états moins satisfaisants ; utiliser le mérite pour se procurer une renaissance agréable n'est d'aucun bénéfice. Les cinq têtes de mort du diadème de Yama représentent les cinq sens, les cinq perceptions illusoires, les cinq sortes de conduite mauvaise, les cinq agrégats d'existence.

Dans le coin supérieur gauche de la peinture, le Bouddha désigne de la main la lune, qui représente la Roue d'Ashoka qui depuis plus de deux mille ans est un symbole du Dharma, c'est à dire la Doctrine du Bouddha, et dans un autre sens la Loi Universelle. Le Bouddha, par son geste, montre que la juste compréhension de la Doctrine et la conformité à la Loi Universelle sont le seul chemin de la Libération.

Les êtres ont le choix entre des éons de souffrances et la félicité du Nirvâna, fruit de l'illumination. Par là il indique que le Samsâra n'est pas une prison définitive. La pratique du Dharma permet d'y échapper, d'obtenir la libération, par laquelle on sort pour toujours de la souffrance et du cycle insatisfaisant des existences.

Dans le coin supérieur droit de la peinture, le boddhisattva montre le soleil, c'est le feu qui brule les passions, afin de progresser dans la voie en attendant de rencontrer le Dharma.

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